petits conseils pour un meilleur aiguisage


Autant vous l’avouer tout de suite, j’aime les solutions de fainéants: simples, peu encombrantes et pas ruineuses. Les kits peuvent valoir cher et les pierres nécessitent d’être humectées et aplanies régulièrement. C’est pourquoi j’ai définitivement adopté une pierre double-face (diamant + céramique) qui s’utilise à sec et peut être emportée partout: la « DC4 » du coutelier suédois Fällkniven. Ceci n’est pas de la publicité: d’autres pierres équivalentes existent sur le couteau ceramique 1marché.

Pour aiguiser, on passe d’abord la lame sur la face diamantée, puis sur la céramique pour la finition (en particulier pour ôter le morfil, formé par l’accumulation de particules le long du fil). Pour des couteaux régulièrement entretenus, les passages sur la face diamantée sont superflus.

Le « bon » geste

 

Que l’on passe la lame sur la surface diamantée ou la céramique, l’important est de travailler:

  • De manière stable: tenir la pierre fermement d’une main, à défaut de pouvoir la poser sur un support plan;
  • Sans forcer: si on appuie trop, il est difficile de maintenir la même pression sur toute la longueur du taillant;
  • En faisant le même nombre de passages d’un côté et de l’autre de la lame, et en ayant le geste le plus régulier possible;
  • En poussant fil vers l’avant pour une face, et tirant fil vers soi pour l’autre: comme si vous deviez détacher des copeaux de votre pierre;
  • En conservant le même angle entre le taillant et la pierre tout au long de l’aiguisage. Ce point est le plus délicat et le plus crucial.

Choisir l’angle

 

Il faut « choisir » l’angle, ou plus exactement retrouver l’angle initial du taillant, qui est propre à chaque couteau. Quelques astuces:

  • Mettez la lame à plat par rapport à la pierre; généralement, il suffit de soulever le dos de la lame d’une hauteur à peu près équivalente à son épaisseur.
  • A l’oeil, essayez de faire en sorte que la lame et la pierre fassent un angle d’environ 30°;
  • Passez un coup de feutre sur le taillant: après quelques mouvements de va-et-vient, vous verrez si l’encre part (auquel cas vous avez trouvé le bon angle d’attaque)… Ou pas (et alors l’angle est trop aigu ou trop obtus).
  • A la longue, vous sentirez d’instinct si l’angle est correct à la façon dont la lame « accroche » la pierre.

Conserver l’angle

 

Mon conseil: évitez les rotations du poignet! Placez vous au-dessus de la pierre. Déplacez la lame avec un mouvement de translation. Si vous ne cassez pas le poignet, il y a fort peu de chance que l’angle d’attaque soit modifié.

Restez concentré jusqu’à la fin de votre mouvement. Sur la plupart des couteaux, le fil remonte vers la pointe, et on est alors tenté de faire faire un arc de cercle à la lame. Et dans ce cas, on a tendance à « l’écraser » contre la pierre, donc à rendre l’angle d’affûtage trop aigu… Et à rayer le bout de la lame.

Au lieu de casser le poignet… Levez plutôt le coude! En soulevant le manche du couteau, vous maintiendrez l’angle de contact entre le fil et la pierre, toujours dans le même mouvement de translation.

En tout cas, ça marche pour moi. L’essentiel est que vous trouviez aussi « votre » geste, celui qui vous permettra de maintenir un angle régulier. Par précaution, faites-vous la main sur un couteau de moindre valeur, que vous ne craignez pas de rayer!

Polissage au cuir

Je peaufine parfois l’aiguisage par un passage sur un cuir « maison »: taillé dans une languette de chaussure, enduit de « polish » et fixé à une planchette. Pas beau, mais efficace. Tranchant « rasoir » garanti!

Le geste à accomplir est l’inverse de celui décrit avec une pierre. Le mouvement de va-et-vient est « fuyant »: dos de la lame vers l’avant quand on pousse, dos de la lame vers soi quand on tire.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *